La loi ne remplace pas le lien de confiance
J'ai eu le plaisir d’être sollicitée par Le Parisien pour contribuer à un article intitulé « La police des enfants » et je remercie Christine Mateux pour notre échange.
Ce que je rencontre, au fond, c'est rarement une question de loi. C'est une question de lien.
Des parents, souvent seuls, sans la « tribu » qui autrefois portait l'éducation avec eux, viennent chercher un tiers. Pas pour qu'on leur dise quoi faire. Mais parce qu'ils ont perdu confiance en eux-mêmes, dans leur parole, dans leur capacité à être entendus de leur enfant. Ce moment de doute est profondément humain. Et il mérite d'être accueilli comme tel.
L'enfant, lui, arrive au monde déjà construit par des croyances, des représentations, un imaginaire. Il a besoin de règles, mais de règles qui ont du sens, qu'on lui explique, qui l'invitent à grandir plutôt qu'à se soumettre. Il y a une différence immense entre un enfant qui obéit par peur et un enfant qui coopère parce qu'il se sent en sécurité dans la relation.
Quand cette sécurité se fissure, quand la parole du parent perd son poids, quand l'enfant perçoit qu'on rit de sa détresse ou qu'on le manipule pour obtenir son obéissance, quelque chose se blesse. Pas dans la loi. Dans le lien. Et c'est ce lien qu'il faut soigner en premier.
Ce qui manque souvent, ce n'est pas l'autorité. C'est la confiance — celle du parent en lui-même, et celle de l'enfant en l'adulte qui l'accompagne.
C'est ce chemin-là que j'essaie d'explorer dans mon travail.